Fiche de SADI Naim

SADI Naim
Docteur - CPTC - 2018
Direction de thèse Guillaume Bridet
Sujet de thèse Le roman algérien de langue française : « Orient », « Occident » et au-delà
Résumé La thématique touchant la représentation de l’« Orient » et de l’« Occident » a été jusque-là essentiellement étudiée à partir de textes écrits par les Occidentaux eux-mêmes, comme l’a fait par exemple Edward W. Said dans son célèbre ouvrage L’Orientalisme, l’Orient crée par l’Occident. La présente thèse vise à étudier cette problématique à partir d’écrits de romanciers francophones issus de l’« Orient », plus précisément d’Algérie. Le but poursuivi dans cette étude est notamment de savoir si cette littérature développe un contre-discours relativement à l’imaginaire orientaliste ou bien elle ne fait que reproduire d’une manière ou d’une autre les mêmes représentations binaires propres à cette somme de savoir occidental sur l’« Orient ». La question est étudiée à partir d’un corpus comprenant des œuvres de fiction couvrant différentes périodes du roman algérien allant de l’entre-deux-guerres à la guerre de libération jusqu’à la période post-coloniale. L’étude tient également compte de la littérature exotique et coloniale ayant touché à la question de l’« Orient » et de l’ « Occident ».L’analyse se déploie autour de quatre axes. Le premier est celui se rapportant à la langue française, élément fondateur de cette littérature, qui exerce à tel ou tel degré son influence sur l’imaginaire développé par les écrivains algériens concernant les relations entre l’« Orient » et l’« Occident ». Le deuxième renvoie au genre littéraire de prédilection de cette littérature, à savoir le roman, au sein duquel s’exprime également la problématique de l’« Orient » et de l’« Occident ». Le troisième axe concerne la femme, un thème qui occupe une place centrale dans la représentation de l’« Orient » dans l’imaginaire occidental, mais qui est présent aussi en tant que problématique majeure dans le roman algérien de langue française. Le dernier axe est lié à la mise en fiction de l’Islam, marqueur par excellence de l’« Orient » dans l’imaginaire occidental depuis le Moyen-âge et qui tend aujourd’hui à se substituer à la notion même d’« Orient ». Le roman algérien francophone n’a pas manqué de mettre en fiction l’Islam, notamment le roman de l’entre-deux-guerres et celui de l’indépendance.Sans tomber dans la généralisation ou dénier à cette littérature ses innombrables acquis, aussi bien sur le plan qualitatif que dans le cadre de la relecture de l’orientalisme, avec lequel elle entretient par ailleurs des relations complexes, l’étude aboutit à la conclusion que le roman algérien de langue française, notamment en raison de sa déterritorialisation, n’a pas atteint un au-delà du partage binaire entre l’« Orient » et l’« Occident ». Subissant les contraintes des nouvelles formes d’hégémonie propres à la période post-coloniale, exercées par un certain « Occident » sur l’« Orient », elle n’a pu se constituer en une littérature autonome, exprimant l’universel, libérée des enjeux et des contraintes liés à l’équation dominant/dominé. Les nouvelles formes de domination, plus subtiles, laissent des marques manifestes dans les rapports entre la France et son ex-colonie dans le domaine littéraire, faisant parfois du roman algérien un discours inscrit dans le registre de l’« art du dominé ».