Aziz Chouaki, artiste total

« Je crois que toute écriture suit une biographie. En l’occurrence, mon écriture me ressemble, si l’on veut. Elle est arabe, berbère, anglo-saxonne, française. De par ma culture musicale, elle est jazz, funk, contemporaine, plastique. »

(extrait d’un entretien avec Violaine Houdart-Mérot)

À l’été 2026, Aziz Chouaki aurait eu 75 ans. Ce colloque, le premier qui lui est consacré, voudrait revenir sur la vie, la carrière et la postérité d’un « artiste total ». 

Né le 17 août 1951 à Tizi Rached, en Kabylie, exilé en France en 1991, où il meurt en 2019, Aziz Chouaki fut à la fois poète, romancier, dramaturge, journaliste et musicien. Chouaki a laissé une œuvre artistique polyphonique dont l’originalité même fait toute la profondeur. Auteur de la génération de la « décennie noire », Chouaki n’est toutefois pas mentionné dans les livres de référence sur la question. Se définissant lui-même, avec provocation, comme un « pied-noir de la seconde génération », Chouaki semble être rebelle aux assignations identitaires, à la fois en Algérie et en France. Il semble incarner, seul, une autre « voie » entre les deux pays, qui le situe résolument au milieu de la Méditerranée. 

Aziz Chouaki a créé le pays dans lequel il rêvait de vivre, depuis son enfance : « Poestrie, un pays imaginaire dirigé par la poésie. » Artiste aux multiples talents, il a inventé son langage et l’a mis en voix et en geste dans la presse, au théâtre, en littérature, dans la musique, en peinture.

Faisant sienne et unique la poésie, l’art du langage à l’immense pouvoir d’exposition et de représentation, Aziz Chouaki est un « artiste total », l’ensemble de son œuvre pouvant être perçue comme totale, comme « l’effectuation et l’accomplissement de l’art en général (poïesis, techne ou ars) dans la forme de la réunion et de la synthèse de tous les arts particuliers », selon la formule de Philippe Lacoue-Labarthe. 

Sa diversité, son originalité, son « côté voyou », sa féconde exubérance créatrice manifestent avant tout son amour fou pour la liberté. 

C’est la puissance de cette triomphante liberté que le colloque souhaite décliner.  Il désire réunir des universitaires, des artistes, des ami.e.s, non pour se souvenir de l’artiste total et lui bâtir un mausolée de papier, mais pour exprimer combien son œuvre est vivante et continue d’inspirer ceux et celles qui créent et agissent au présent. 

Le colloque comptera des communications scientifiques, des tables rondes avec les acteurs et les metteurs en scène, les musiciens, les photographes qui ont accompagné Aziz Chouaki. Des entretiens avec des auteurs contemporains sont programmés. Des moments de lectures et d’écoute – de textes ou de musiques – sont également prévus. 

Programme

Ajouter au calendrier Tous les événements